Le paysage de l’industrie lourde camerounaise évolue. Alucam, la Compagnie camerounaise de l’aluminium et Proalu SA qui est engagée dans un investissement industriel de 88 milliards FCFA à Douala, ont officialisé leur entrée au sein de l’Organisation Camerounaise des Industries de Transformation de l’Acier (OCITA). Cette dynamique s’accompagne d’un repositionnement institutionnel : la structure adopte désormais l’appellation Organisation Camerounaise des Industries de Transformation des Métaux (OCITRAM).
Cette évolution est mentionnée dans une correspondance datée du 24 octobre 2025, transmise à plusieurs responsables gouvernementaux. À travers ce changement, l’OCITRAM élargit son champ d’intervention afin de fédérer les principaux acteurs de la transformation métallique, incluant désormais l’aluminium aux côtés de l’acier.
Avec l’intégration de Alucam et de Proalu SA, l’OCITRAM rassemble aujourd’hui cinq entreprises de référence : Aciéries du Cameroun, Prometal, Metafrique Steel, Alucam et Proalu. D’après les données communiquées, ce regroupement capterait près de 95 % du marché camerounais des produits métalliques transformés.
Ces sociétés totalisent environ 500 milliards FCFA de chiffre d’affaires annuel et génèrent plus de 4 000 emplois directs, illustrant leur poids économique. Pour Patrice Yantho, coordonnateur de l’OCITRAM, ce socle productif joue un rôle déterminant dans l’essor d’activités connexes, notamment dans la construction et les infrastructures.
Renforcer la performance du tissu productif
L’OCITRAM se positionne comme un interlocuteur technique auprès des pouvoirs publics afin d’améliorer l’environnement de production. Parmi ses axes de travail figurent la diffusion de standards industriels, le renforcement de la compétitivité locale, la structuration du secteur face aux importations et la valorisation du Made in Cameroon dans l’industrie lourde.
L’organisation OCITRAM plaide également pour l’élaboration d’une politique nationale dédiée aux aciers et aux métaux, destinée à soutenir durablement la montée en gamme des capacités de transformation.
En arrière-plan, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) constitue un levier stratégique. Avec un espace économique estimé à 1,3 milliard de consommateurs, l’ouverture progressive des marchés impose une adaptation rapide des acteurs industriels.
En élargissant son périmètre et en consolidant ses membres, l’OCITRAM ambitionne de renforcer la place du Cameroun dans la chaîne de valeur régionale de la transformation métallique, dans un contexte de concurrence accrue à l’échelle africaine.
