Le cacao camerounais franchit un cap historique sur la scène internationale. Après avoir décroché la médaille de bronze en 2023, le pays a remporté en février 2026 la médaille d’or dans la catégorie Afrique & Océan Indien lors de la 10ᵉ édition des Cocoa of Excellence Awards, organisée à Amsterdam à l’occasion du salon mondial du chocolat. Une distinction qui confirme la montée en gamme de la filière camerounaise et son potentiel à rivaliser avec les meilleures origines mondiales.
Du bronze à l’or : une progression significative
En 2023, le Cameroun avait déjà marqué les esprits avec un bronze obtenu par un producteur local, positionnant le pays parmi les cacaos fins émergents. Trois ans plus tard, la médaille d’or régional traduit une amélioration constante de la qualité des fèves, de la fermentation jusqu’au séchage et à la traçabilité. Le jury international du concours, composé d’experts chocolatiers et dégustateurs, évalue chaque échantillon à l’aveugle selon des critères rigoureux : arômes, complexité sensorielle, fermentation, séchage et traçabilité. Cette distinction est une reconnaissance prestigieuse qui peut ouvrir l’accès aux marchés premium internationaux.
Une filière vitale pour l’économie nationale
Le cacao représente un secteur stratégique pour le Cameroun. Avec une production annuelle oscillant entre 280 000 et 300 000 tonnes, le pays se classe parmi les 5 premiers producteurs africains, derrière la Côte d’Ivoire et le Ghana. La filière soutient directement plus de 300 000 exploitations agricoles et, indirectement, plusieurs millions de personnes. Ces dernières années, les cours mondiaux du cacao fin ont atteint des niveaux record, dépassant parfois 10 000 dollars la tonne, renforçant l’intérêt pour la production de qualité. La reconnaissance internationale obtenue à Amsterdam pourrait ainsi permettre au Cameroun de mieux valoriser ses fèves et d’accéder à des segments de marché plus rémunérateurs.
Valoriser le cacao camerounais : un défi stratégique
Malgré cette médaille, plusieurs défis persistent. La transformation locale reste faible, avec moins de 10 % du cacao produit transformé sur place, limitant les marges et la création de valeur pour les producteurs. Le pays doit également renforcer les pratiques de certification, de traçabilité et de suivi qualité pour pérenniser son statut d’origine premium. Les opportunités sont pourtant nombreuses : attirer les chocolatiers internationaux, développer le segment du chocolat fin, et structurer des filières locales capables d’exporter des produits transformés à forte valeur ajoutée. Cette distinction pourrait être le catalyseur d’une stratégie ambitieuse pour faire du cacao camerounais un acteur majeur du marché mondial du cacao fin.
Vers une reconnaissance durable
La médaille d’or n’est pas seulement un trophée : c’est un signal fort envoyé aux investisseurs, aux producteurs et aux institutions. Elle montre que le Cameroun peut rivaliser avec les grandes origines mondiales et qu’une politique cohérente de valorisation et d’investissement peut transformer ce succès ponctuel en avantage économique durable.
