Qu’est-ce qui a motivé la participation du Maroc à ces Journées Économiques Internationales de Communes ?
Il existe une relation de partenariat solide entre l’AMPCC, qui regroupe 1 503 communes marocaines, et les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC). Ce partenariat s’est traduit par de nombreux jumelages entre collectivités marocaines et camerounaises. Nous avons déjà engagé un travail structuré autour de la gouvernance locale, de la coopération décentralisée, mais aussi du développement économique à travers des partenariats publics-privés. Participer aux JEICOM25, c’est poursuivre cette dynamique en renforçant nos synergies et en explorant de nouvelles opportunités. Les JEICOM permettent aux collectivités marocaines de partager leurs expériences et leurs succès dans le domaine du développement économique, tout en identifiant de nouvelles opportunités de collaboration.
Quels sont, selon vous, les atouts parfois méconnus des territoires africains ?
L’Afrique est un continent de ressources – humaines, naturelles, culturelles. La jeunesse, en particulier, représente un potentiel extraordinaire. Mais pour que ce capital humain produise des résultats, il faut l’accompagner dans des projets durables, inclusifs et résilients. Il faut miser sur l’innovation locale, le transfert de compétences, et créer des écosystèmes de coopération entre collectivités pour faire émerger des modèles adaptés à nos réalités.
Le Maroc a signé cinq conventions avec le Cameroun à l’occasion de JEICOM25. De quoi s’agit-il exactement ?
Ces conventions s’inscrivent dans le cadre du FACDI, le Fonds Africain d’Appui à la Coopération Décentralisée Internationale, une initiative portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Ce fonds soutient financièrement des projets de coopération entre les communes marocaines et africaines. Les projets éligibles doivent notamment favoriser le renforcement des capacités, l’innovation locale, la préservation de l’environnement ou encore la résilience climatique. En parallèle, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement joue également un rôle de levier, en soutenant les PME, en stimulant l’investissement privé et en promouvant le développement durable. C’est dans cet esprit de coopération gagnant-gagnant que nous voulons accompagner les communes camerounaises. Le Maroc est une terre généreuse, mais la générosité africaine, c’est aussi l’échange humain, la solidarité, le partage de savoirs et de solutions. Le Royaume du Maroc, a toujours été une terre de rencontre et de dialogue, et reste un espace de concrétisation de la coopération interafricaine …
Quels critères permettent de considérer qu’une commune est « attractive » pour les investisseurs ?
Le marketing territorial est aujourd’hui au cœur des stratégies de développement local. Une commune attractive, c’est d’abord une commune stable, bien gouvernée, qui sait valoriser ses atouts et sécuriser les investissements. À ce titre, le Cameroun présente des garanties intéressantes : stabilité institutionnelle, cadre juridique favorable, dispositifs d’accompagnement des investissements… Ce sont des signaux importants pour les investisseurs, qui ont besoin de sécurité mais aussi de clarté dans les procédures. Le rôle des collectivités, c’est de structurer cette attractivité pour en faire un moteur de développement local. Une commune offrant une stabilité politique et une sécurité juridique effective est plus attractive pour les investisseurs. Ils doivent être assurés que leurs investissements seront protégés et que les règles du jeu ne changeront pas sans préavis.
