Le top départ est donné. La Circulaire présidentielle N°001 du 18 juillet 2025, signée par le Chef de l’État S.E. Paul Biya, marque le lancement officiel de la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2026. Ce document stratégique fixe les grandes lignes d’orientation budgétaire, auxquelles devront se conformer tous les ministères, institutions publiques et structures rattachées.
La circulaire rappelle les impératifs de maîtrise des dépenses publiques, de mobilisation optimale des recettes internes, et de cohérence avec les objectifs du Document de Stratégie Nationale de Développement (DSND 2020-2030).
Une trajectoire budgétaire dans la continuité
Selon le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) 2024-2026, les projections macroéconomiques visent une croissance modérée autour de 4,5 % à 5 % en 2026, avec une inflation contenue sous les 4 %, dans la limite des critères de convergence de la CEMAC.
Le gouvernement mise sur l’élargissement de l’assiette fiscale, la digitalisation des régies financières, et une plus grande efficacité dans la collecte des recettes non pétrolières, dont le niveau est estimé à 3 435,5 milliards FCFA pour 2026, en hausse de 7,2 % par rapport à 2025.
Le budget-programmes en ligne de mire
L’exercice 2026 s’inscrit dans la logique du budget-programmes, axé sur la performance. Chaque ministère devra présenter un budget aligné sur des objectifs clairs, mesurables, et en lien avec les priorités nationales. Les dépenses devront être justifiées non seulement en montant, mais aussi en impact.
Les secteurs prioritaires
Éducation, santé, infrastructures structurantes, agriculture, sécurité et gouvernance locale.
La circulaire insiste également sur l’importance de la décentralisation, avec une meilleure prise en compte des besoins exprimés par les collectivités territoriales décentralisées (CTD).
Étapes à venir
La circulaire fixe les jalons suivants pour les mois à venir :
- Fin juillet – août : Réception des lettres de cadrage ministérielles.
- Août – septembre : Organisation des conférences budgétaires entre le ministère des Finances et les administrations sectorielles.
- Octobre : Arbitrages en Conseil des ministres.
- Avant le 15 novembre : Dépôt du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale.
- Décembre 2025 : Adoption finale de la loi de finances.
Un Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) est également prévu au Parlement pour accompagner la publication du Document de Programmation Économique et Budgétaire Pluriannuel (DPBEP 2026–2028), qui précisera les plafonds de dépenses et les priorités à moyen terme.
Un budget sous pression, mais orienté vers l’impact
Alors que la dette publique se maintient autour de 46 % du PIB, le gouvernement entend éviter un creusement du déficit, tout en finançant les réformes structurelles. L’objectif est de rester sous la barre des 3 % de déficit budgétaire, en conformité avec les engagements communautaires et les exigences du FMI.
Le processus de préparation du budget 2026 est désormais engagé. Le gouvernement, à travers cette circulaire présidentielle, veut inscrire l’action publique dans un cadre de discipline, d’efficacité et de transparence. Reste à savoir si les choix budgétaires à venir répondront aux attentes sociales, au besoin de relance économique, et aux contraintes financières croissantes.