C’est un grand pas vers la sécurité énergétique. Au cours de sa première année budgétaire, le gouvernement ghanéen affirme avoir engagé 828,7 milliards FCFA, soit 1,47 milliard de dollars, afin de restaurer la viabilité du secteur et rétablir la garantie du pays auprès de la Banque mondiale. Un apurement des arriérés accumulés sur plusieurs années, largement relayé dans la presse spécialisée. L’information a été rendue publique dans un communiqué du ministère en charge des finances ce 12 janvier 2026.
Devenu l’un des principaux risques systémiques pour la stabilité macroéconomique du Ghana, le secteur énergétique a bénéficié du soutien des décaissements massifs entre janvier et décembre 2025. À son arrivée au pouvoir en janvier 2025, le président Mahama hérite d’un secteur énergétique au bord de l’effondrement, plombé par plusieurs années de non-paiement du gaz fourni à la production d’électricité, notamment par le champ offshore Cape Three Points (OCTP). Cette situation avait conduit à l’épuisement total de la garantie partielle de risque (PRG) de la Banque mondiale, d’un montant de 500 millions de dollars, sous l’administration précédente.
Le rétablissement intégral de la Garantie partielle de risque (GPR) de la Banque mondiale, un instrument stratégique de 500 millions de dollars, mis en place en 2015 et entièrement consommé par l’administration précédente, figure au cœur de cette opération. Cette garantie avait joué un rôle déterminant dans la mobilisation de près de 8 milliards de dollars d’investissements privés, en particulier autour du projet gazier de Sankofa, opéré par ENI et Vitol, d’après la presse spécialisée.
Le 31 décembre 2025, le gouvernement affirme avoir remboursé l’intégralité des 597,15 millions de dollars, intérêts compris, tirés sur la garantie de la Banque mondiale. Une opération présentée comme un signal fort de discipline budgétaire et de leadership responsable.
Cap sur la régularisation des dettes gazières et la reprise de la production
Dans le même ordre d’idée. Le Ghana affirme avoir soldé toutes les factures de gaz impayées dues à ENI et Vitol, pour un montant d’environ 480 millions de dollars. Ce qui permet au pays de se remettre à jour dans ses engagements liés au projet Sankofa. Afin de préserver la continuité des paiements et éviter une rechute des arriérés, des lignes budgétaires spécifiques ont été prévues.
Des accords de paiement avec les acteurs du secteur amont, notamment Tullow Oil et les partenaires du champ Jubilee ont également été engagés par le gouvernement. Des discussions qui ont débouché sur une feuille de route détaillée visant à garantir le paiement intégral du gaz consommé, avec, à la clé, une hausse déjà perceptible de la production de gaz. L’objectif affiché étant double : sécuriser l’approvisionnement électrique et réduire la dépendance aux combustibles liquides coûteux. Tout ceci en soutenant l’industrialisation.
Du côté des producteurs indépendants d’électricité (IPP), le gouvernement affirme avoir renégocié l’ensemble des contrats, afin d’obtenir un meilleur rapport qualité-prix pour l’État et les consommateurs. Pour l’année 2025, environ 393 millions de dollars ont été versés au titre des dettes héritées, au bénéfice notamment de Karpowership, Cenpower, Twin City Energy, Early Power, BXC, Mienergy, Sunon Asogli, AKSA Energy et Cenit Energy. Au-delà du règlement des arriérés, cette opération est celle du renforcement du mécanisme de répartition des fonds, qui aurait permis de payer à temps la majorité des factures des IPP en 2025, rompant ainsi avec les pratiques d’accumulation chronique de dettes.