Le Bénin vient d’ouvrir une nouvelle séquence de sa stratégie économique de long terme. À travers ce cadre décennal, les autorités béninoises affichent une ambition claire : inscrire l’économie nationale dans une dynamique de transformation structurelle durable, capable de renforcer la compétitivité du pays, d’accélérer l’industrialisation et d’améliorer l’attractivité du territoire pour les investisseurs.
Le nouveau PND se présente comme un instrument de continuité stratégique. Après les réformes engagées depuis 2016, le gouvernement souhaite désormais consolider les acquis macroéconomiques tout en ouvrant un nouveau cycle d’accélération économique et sociale. L’objectif est de dépasser les politiques publiques fragmentées pour bâtir une trajectoire de développement cohérente, pilotée sur le long terme et articulée autour d’indicateurs mesurables.
Le processus d’élaboration du document a été coordonné par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale. Le président élu Romuald Wadagni, alors ministre de l’Économie et des Finances, a joué un rôle central dans le cadrage macroéconomique et financier du plan, avec une attention particulière portée à la soutenabilité budgétaire et à la mobilisation des ressources.
Une croissance moyenne de 7 % sur la décennie
Le PND 2026-2035 repose sur des projections économiques ambitieuses. Le gouvernement vise une croissance moyenne de 7 % sur la décennie, soutenue par plusieurs moteurs : industrialisation, infrastructures productives, agriculture modernisée, économie des services et développement touristique. À l’horizon 2035, le PIB réel par habitant devrait atteindre 1 163 700 FCFA constants, tandis que le taux d’investissement devrait représenter près de 34 % du PIB.
Le document prévoit également une amélioration progressive des équilibres macroéconomiques. Le déficit budgétaire serait ramené à -0,3 % du PIB d’ici 2035, traduisant la volonté des autorités de préserver la stabilité financière tout en maintenant un niveau élevé d’investissements publics structurants.
Porter la contribution du secteur industriel à plus de 21 % du PIB
L’un des axes majeurs du plan concerne la transformation de la structure productive de l’économie béninoise. Le gouvernement ambitionne de porter la contribution du secteur industriel à plus de 21 % du PIB afin d’accélérer la création de valeur locale et de réduire la dépendance aux activités à faible productivité. Cette orientation pourrait renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs industriels, notamment dans les chaînes de transformation agricole et manufacturière.
Le tourisme figure également parmi les secteurs prioritaires du nouveau cycle de développement. Les autorités béninoises souhaitent plus que doubler sa contribution à l’économie nationale au cours des dix prochaines années, en misant sur la valorisation du patrimoine culturel, le renforcement des infrastructures et le développement du rayonnement international du pays.
Sur le plan social, le PND affiche des objectifs ambitieux en matière d’inclusion et de capital humain. Le taux de pauvreté monétaire devrait passer de 38,5 % à 21,9 %, tandis que l’indice de Gini serait ramené à 0,30 afin de réduire les inégalités sociales et territoriales. Le gouvernement entend également améliorer l’espérance de vie, renforcer la sécurité alimentaire et faire progresser l’Indice de développement humain (IDH).
Adapter les compétences aux besoins de l’économie
L’éducation et l’employabilité des jeunes constituent un autre pilier du programme. Le gouvernement prévoit notamment de faire passer la proportion d’apprenants inscrits dans l’enseignement technique et professionnel de 7 % à 70 %, avec pour objectif de mieux adapter les compétences aux besoins de l’économie et de réduire durablement le chômage des jeunes.
Le PND 2026-2035 accorde enfin une place importante à la gouvernance et au climat des affaires. Le pays ambitionne d’améliorer son positionnement dans les classements internationaux liés à l’État de droit, à la transparence, à la paix et à la liberté de la presse. Ces indicateurs sont désormais considérés comme des leviers essentiels d’attractivité économique et de confiance des investisseurs.
Décliné en 17 axes stratégiques, le nouveau Plan national de développement servira de référence à l’ensemble des politiques publiques et des futurs Programmes d’Actions du Gouvernement. Aligné sur les Nations Unies, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Vision 2040 de l’UEMOA, ce document marque une nouvelle étape dans la stratégie de transformation économique du Bénin, avec l’ambition de positionner le pays comme un pôle régional de croissance et d’investissement sur la prochaine décennie.
