La réouverture de la mine de Chingola B marque une nouvelle étape dans la stratégie minière de la Zambie. Le site, intégré au complexe minier de Nchanga exploité par Konkola Copper Mines (KCM), avait cessé ses activités il y a près de deux décennies dans un contexte de différend entre le gouvernement zambien et Vedanta Resources.
Selon un communiqué publié par KCM, la mine devrait produire plus de 200 000 tonnes de minerai par mois. Les données historiques du site indiquent un grade moyen de cuivre de 2,5 %, un niveau considéré parmi les plus élevés de l’industrie mondiale du cuivre.
Cette reprise s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de relance du secteur minier portée par le président Hakainde Hichilema, qui ambitionne de porter la production nationale de cuivre à 3 millions de tonnes annuelles d’ici 2031.
Une relance minière intégrée à la stratégie nationale
Le gouvernement zambien a officiellement lancé en 2024 la « National Three Million Metric Tonnes Copper Production Strategy by 2031 », un programme visant à tripler la production nationale de cuivre. Selon le ministère zambien des Mines et du Développement minéral, cette stratégie repose sur l’expansion des mines existantes, la relance des sites à l’arrêt, l’accélération des projets d’exploration et l’amélioration des infrastructures énergétiques et logistiques.
Le document officiel précise que la production annuelle de cuivre de la Zambie évoluait autour de 800 000 tonnes avant l’adoption de cette stratégie. En 2025, le pays a produit exactement 890 346 tonnes de cuivre, d’après les statistiques relayées par les autorités minières zambiennes. Le gouvernement considère que la croissance de la demande mondiale liée à la transition énergétique constitue une opportunité pour repositionner le pays parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre.
KCM et Vedanta relancent les actifs du Copperbelt
Konkola Copper Mines est détenue à 79,4 % par Vedanta Resources et à 20,6 % par ZCCM-IH, la société publique zambienne d’investissement minier. Le retour opérationnel de Chingola B intervient après quatre années de négociations entre les différentes parties.
Selon KCM, Vedanta prévoit d’investir environ 1,2 milliard de dollars dans les opérations minières zambiennes, dont 250 millions de dollars destinés au règlement d’arriérés dus aux fournisseurs, sous-traitants et collectivités locales. Lors de la cérémonie de relance, les responsables de KCM ont indiqué que Chingola B devrait contribuer directement à l’objectif national des 3 millions de tonnes de cuivre d’ici 2031.
Les opérations historiques de la mine avaient produit environ 60 000 tonnes de minerai par mois entre 1980 et 2003. La nouvelle phase d’exploitation prévoit désormais un rythme supérieur à 200 000 tonnes mensuelles, soit plus du triple des capacités précédentes.
Une compétition régionale autour du cuivre africain
La relance des actifs miniers zambiens intervient dans un contexte de concurrence régionale croissante avec la République démocratique du Congo (RDC), premier producteur africain de cuivre. La RDC produit actuellement environ 2,8 millions de tonnes de cuivre par an, selon les estimations sectorielles les plus récentes.
Face à cette dynamique, Lusaka cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux afin d’accélérer sa montée en puissance dans le secteur cuprifère. Le gouvernement zambien a indiqué, dans le document officiel « National Three Million Metric Tonnes Copper Production Strategy by 2031 » publié par le ministère des Mines et du Développement minéral, que plusieurs projets structurants devront soutenir l’objectif national de 3 millions de tonnes de cuivre par an d’ici 2031.
Le ministère précise que cette stratégie repose notamment sur la relance des mines historiques du Copperbelt, l’expansion des projets existants, l’accélération de l’exploration minière et l’amélioration des infrastructures énergétiques destinées au secteur extractif. Dans ce document, les autorités zambiennes estiment que la production nationale devra passer d’une moyenne annuelle d’environ 800 000 tonnes de cuivre à 3 millions de tonnes à l’horizon 2031. Le ministère souligne également que cette hausse doit permettre d’accroître les recettes publiques, les entrées de devises et les investissements directs étrangers dans le secteur minier.
Le cuivre au centre de la stratégie économique zambienne
La stratégie minière zambienne intervient alors que le pays poursuit son processus de restructuration de dette engagé avec le Fonds monétaire international (FMI). Le cuivre représente actuellement près de 75 % des recettes en devises de la Zambie et environ 40 % des recettes publiques, selon plusieurs estimations économiques relayées en 2025.
Le gouvernement mise sur l’augmentation de la production minière pour soutenir les recettes fiscales, les exportations, les investissements directs étrangers et les réserves de change. Le président Hakainde Hichilema a également déclaré à plusieurs reprises que la stabilité réglementaire et la prévisibilité des politiques minières constituaient des priorités pour attirer de nouveaux capitaux dans le secteur extractif.
Avec la relance de Chingola B, la Zambie réactive l’un de ses actifs historiques dans le Copperbelt et accélère l’exécution de sa stratégie nationale sur le cuivre. L’objectif de 3 millions de tonnes annuelles d’ici 2031 implique toutefois une hausse de production particulièrement rapide dans les prochaines années.
Pour Lusaka, le redémarrage des mines suspendues, les investissements annoncés par les groupes internationaux et l’expansion des projets d’exploration constituent désormais les principaux leviers de cette trajectoire minière.
