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Culture du tabac : comment la sécheresse affecte la production en Afrique

Au Zimbabwe, 1er producteur africain, après une récolte record de 326 000 tonnes en 2023, le pays estime que la production tombera à environ 259 000 tonnes cette saison. Une baisse importante qui s'est généralisée au à l'ensemble des pays producteurs du continent au moment où le centre de gravité de la culture de tabac semble se déplacer d’années en années vers l’Afrique qui représente désormais 18,1% des surfaces tabacoles et 11,4% de la production mondiale.

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Comme certains de ses voisins d’Afrique australe, le Zimbabwe est aux prises avec une sécheresse dévastatrice que les organismes d’aide attribuent à El Niño et au changement climatique.

Notre tabac est cultivé par de petits agriculteurs. Ils dépendent des pluies et une sécheresse n’est pas bonne pour leur récolte. La qualité d’une partie du tabac pourrait également être affectée,

a déclaré M. Devenish président de l’Office de commercialisation de l’industrie du tabac. Après une récolte record de 326 000 tonnes l’année dernière, le pays estime que la production tombera à environ 259 000 tonnes cette saison. En effet, en 2023, le pays a reçu un montant record de 1,2 milliard de dollars US provenant des exportations de tabac, contre 975 millions de dollars en 2022, selon le Conseil de l’industrie et de la commercialisation du tabac (TIMB). Le tabac est l’une des principales sources de devises étrangères du pays, avec les minerais tels que l’or. Ces changements climatiques ont aussi un impact direct et fort sur le rendement et la production dans d’autres pays.

En Afrique, la production de tabac est principalement concentrée dans la sous-région d’Afrique australe. Alors que le Zimbabwe règne en maître sur le marché de l’offre depuis plusieurs années, d’autres fournisseurs en Afrique de l’Est affichent aussi des ambitions dans l’industrie. Sur la campagne 2022/2023, la Tanzanie a récolté 122 858 tonnes de feuilles de tabac. Le volume annoncé représente plus que le double du stock de 50  000 tonnes produit un an plus tôt. Avec cette performance historique, l’industrie tanzanienne supplante le Malawi (121  000  tonnes) et le Mozambique (85  000  tonnes), pour devenir le deuxième producteur africain de la feuille derrière le Zimbabwe qui maintient sa place de premier fournisseur africain de tabac.

Cette percée de l’appareil productif tanzanien a permis de stimuler le segment de l’exportation. Ainsi, le pays a engrangé 316 millions dollars US de recettes en 2023 grâce à ses expéditions de tabac contre 178 millions de dollars US de recettes obtenues un an plus tôt. En Tanzanie, l’exécutif ambitionne de faire passer la production de tabac à 200 000 tonnes d’ici 2025.

Le continent africain, opportunité de croissance pour l’industrie du tabac

Actuellement, le continent a les taux de tabagisme les plus bas du monde : en 2020, 10,3 % environ de la population fumaient selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors, qu’au niveau mondial, la prévalence du tabagisme s’élevait à 22,3 %. Cependant, l’amélioration de l’économie africaine et la croissance rapide de la population jeune entrainent une augmentation du tabagisme.

Nulle part ailleurs, le nombre de fumeurs n’a autant augmenté depuis 1990 qu’en Afrique – + 104 % en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et près de 75 % en Afrique subsaharienne. Le continent comptait environ 66 millions de fumeurs en 2015, et, d’ici 2025, on estime qu’ils pourraient être 84 millions. C’est l’une des deux seules régions du monde, avec la région de la Méditerranée orientale, où le tabagisme devrait augmenter au cours de la prochaine décennie.

Les adolescents sont les cibles privilégiées de l’industrie du tabac qui concentre tous ses efforts marketing à l’égard de ces derniers. Une analyse réalisée en 2022 par des chercheurs de l’université de Sierra Leone a révélé qu’en moyenne dans 22 pays africains 19 % des adolescents âgés de 11 à 17 ans déclaraient utiliser des produits du tabac, le Zimbabwe étant le pays affichant le taux le plus élevé de 47 %.

Les principaux acteurs du secteur

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montre que la production de feuilles de tabac est en croissance en Afrique. Alors que la surface de culture dédiée aux feuilles de tabac a décliné dans le monde de 15,7% entre 2012 et 2018, celle-ci a augmenté de 3,4% en Afrique dans le même intervalle de temps. De la même manière, la production africaine de feuilles de tabac a enregistré une hausse de 10,6% en six ans, là où la production mondiale s’est affaissée de près de 14%. De ce fait, le centre de gravité de la culture de tabac semble se déplacer d’années en années vers l’Afrique qui représente désormais 18,1% des surfaces tabacoles et 11,4% de la production mondiale.

Si , en 1995,  le Zimbabwe et le Malawi concentraient près de 69% de la production africaine de tabac, cette dernière est désormais portée par de nouveaux concurrents, comme la Zambie, le Mozambique ou la Tanzanie. Entre 2012 et 2018, le continent africain a sensiblement réduit ses importations de feuilles de tabac, en même temps qu’il a vu accroître ses exportations : en six ans, l’excédent commercial de l’Afrique a augmenté de 89% dans ce secteur. 

En 2023, le kilogramme de tabac s’est échangé à 5,2 $ en moyenne contre un tarif tournant autour de 4,7 $ l’année précédente. En ce qui concerne les débouchés, les pays d’Extrême-Orient arrivent en tête des destinations comptant pour 64 % des expéditions en valeur soit 640 millions $, suivis par l’Union européenne (14 %) et les pays d’Afrique (12 %).Pour le cas précis des pays d’Afrique australe, la production de tabac a augmenté de 14 % à 261 000 tonnes en 2022/2023.

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