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« Faire d’Edéa, une ville connectée » : entretien avec Dr Nlend Albert Emmanuel, maire de la ville d’Edéa

Présent aux Journées Économiques Internationales des Communes (JEICOM), le maire de la ville d’Edéa, Dr Nlend Albert Emmanuel, plaide pour une coopération accrue et des investissements ciblés pour faire émerger un tissu économique local dynamique. Dans cet entretien accordé à Invest-time, il revient sur les priorités de sa commune et les leviers nécessaires au développement durable des territoires.

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Que représentent ces Journées Économiques Internationales des Communes pour vous, en tant qu’acteur local ?

Ces journées constituent une opportunité stratégique pour nous, collectivités territoriales décentralisées, de renforcer la coopération et d’accélérer le développement des territoires. Notre mission première est d’améliorer les conditions de vie de nos populations. Cela passe par le développement économique, l’aménagement des infrastructures, l’accès aux soins de santé et à l’éducation. Ce forum nous permet donc de mutualiser les idées, de nouer de nouveaux partenariats et d’échanger sur les meilleures pratiques de gouvernance locale.

Quels sont, selon vous, les besoins urgents à combler pour bâtir un tissu économique solide au Cameroun ?

Il y a plusieurs priorités. D’abord, le désenclavement des zones rurales et semi-urbaines est crucial. L’état des voiries, qu’elles soient urbaines, interurbaines ou rurales, reste un obstacle majeur à l’investissement. Ensuite, l’accès à l’énergie constitue un autre enjeu de taille. Prenons le cas d’Edéa : bien qu’étant une ville industrielle, nous rencontrons toujours des difficultés en matière de fourniture énergétique. Cela freine non seulement les industries existantes, mais aussi l’implantation de nouvelles unités.

À cela s’ajoute la question du foncier. Développer un territoire implique d’avoir des espaces viabilisés, prêts à accueillir les investisseurs. Edéa, de par sa position géographique stratégique entre les deux principaux ports du Cameroun et son accès à la sous-région, a un fort potentiel industriel. Nous plaidons donc pour la création de nouvelles zones industrielles afin d’attirer davantage d’investisseurs locaux et internationaux, générer de l’emploi et stimuler l’économie locale.

En quoi les JEICOM peuvent-elles justement vous aider à concrétiser ces ambitions ?

Ces journées sont un catalyseur. Elles nous mettent en contact direct avec des investisseurs et partenaires techniques. Nous avons déjà des coopérations établies, notamment avec des partenaires brésiliens, turcs et français, et ces rencontres permettent de consolider les relations existantes, mais aussi d’explorer de nouvelles pistes. L’objectif est d’aboutir à des accords concrets, à des projets tangibles pour nos communes. Ce type de plateforme facilite les négociations et crée un climat de confiance avec nos interlocuteurs.

La digitalisation des services communaux est aujourd’hui un axe majeur du développement local. Quelle est la démarche d’Edéa en la matière ?

Nous avons engagé une collaboration avec la coopération allemande (GIZ) et le Bureau National de l’État Civil (BUNEC) pour digitaliser nos services. Cela concerne en priorité les actes d’état civil, mais aussi l’ensemble des processus administratifs. L’idée est de faire d’Edéa une ville connectée, où les citoyens peuvent facilement accéder aux informations, effectuer des démarches en ligne et interagir avec l’administration de manière fluide. La mairie doit devenir une plaque tournante de l’information municipale, au service des usagers. Nous visons une gestion moderne, transparente, et proche des attentes de nos populations.

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