Le cedi ghanéen s’est imposé comme la devise la plus performante au monde en 2025 d’après Bloomberg, s’appréciant de près de 50 % face au dollar américain depuis le début de l’année. Partant d’environ 15 cédis pour 1 USD, il s’échange aujourd’hui à 10 cédis pour 0,97 USD. Cette progression de la monnaie ghanéenne repose sur la reprise de l’économie du Ghana après la tourmente économique qu’à connu le pays durant toute cette dernière décennie. La baisse de l’inflation (retombée à 21,2 % en avril) a joué un rôle essentiel dans la stabilisation du cedi. La Banque du Ghana a adopté une politique monétaire rigoureuse : hausse surprise de 100 points de base en mars, portant le taux directeur à 28 %. L’objectif étant de freiner l’inflation et attirer les investissements étrangers. Parallèlement, la banque centrale a introduit des enchères de devises sur le marché au comptant, supprimant les contrôles spéculatifs. Ce changement a amélioré la liquidité en dollars freinant l’accumulation de billets américains qui perturbait auparavant le marché des changes, apprend-on.
Boom aurifère
Les recettes d’exportation ont été stimulées par des cours de l’or historiquement élevés : de 2 000 USD l’once en 2024 à 3 400 USD en mai 2025. Le Ghana, devenu 6e producteur mondial d’or, a vu ses revenus d’exportation grimper de 7,6 milliards USD en 2023 à 11,6 milliards USD en 2024. La réglementation du Gold Board, exigeant des règlements en cedis avant export, a joué un rôle clé : les réserves d’or du pays sont passées de 9 tonnes fin 2023 à 31 tonnes aujourd’hui, et les réserves en devises étrangères ont atteint un record de 11,4 milliards USD en mars 2025.
Le plan de sauvetage de 3 milliards USD du FMI dans le cadre d’un programme de trois ans a fourni un soutien financier et technique crucial, permettant un retour à la stabilité macroéconomique avec des réformes de gestion de la demande. Parmi elles : suspension d’arriérés de paiement d’un montant de GH₵ 65 milliards (cédis ghanéens) soit 6,364 milliards USD et baisse des rendements des bons du Trésor de 28 % à 15 %.
« Stabilité ne signifie pas immobilisme »
Le Ghana enregistre une accélération notable de sa croissance économique. Au premier trimestre 2025, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 5,3% en glissement annuel, contre 4,9% au cours de la même période en 2024 selon le statisticien national Alhassan Iddrisu. L’administration du président ghanéen John Dramani Mahama est saluée pour ses réformes politiques ayant maintenu la stabilité, facteur important dans la reprise du cedi. …
Néanmoins, les décideurs restent prudents. « La stabilité ne signifie pas immobilisme », a martelé le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Asiama, soulignant qu’il faut préserver la compétitivité des exportations malgré la vigueur du cedi. Les économistes estiment que la Banque pourrait retarder l’assouplissement monétaire en raison de la hausse des tarifs publics et des risques inflationnistes persistants. Avec une inflation encore au‑dessus de l’objectif de 6 à 10 %, toute baisse prématurée des taux pourrait menacer les gains récents et exposer à de nouveaux déséquilibres, a appris Invest-Time.