Dans un webinaire marqué par des interventions aussi pertinentes les unes que les autres, représentants des États membres des régions Afrique centrale et Afrique de l’Est, des communautés économiques régionales, du secteur privé et de la société civile ont mis en débat les défis du développement économique et la résilience de ces deux régions dans un contexte économique mondial incertain.
C’était lors de la quatrième session conjointe du Comité Intergouvernemental des Hauts Fonctionnaires et Experts (CIE) le 1er octobre 2025. La rencontre (par visio) placée sous le signe de la résilience se donne l’objectif d’identifier les principaux goulots d’étranglement et de proposer des solutions réalistes afin de renforcer les capacités de production et améliorer la résilience économique des États de l’Afrique centrale et de l’Est. Un objectif ambitieux, en phase avec la thématique autour de laquelle s’articulent les échanges : « Investir dans les capacités de production et le commerce pour un futur résilient ».
Repenser l’écosystème économique
La session organisée par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) intervient dans un contexte où les économies africaines font face à de nombreux défis structurels. Parmi eux, la faible industrialisation, la dépendance aux matières premières et des infrastructures limitées. Autres défis, l’inflation et la détérioration de la finance publique. En 2024 par exemple, le déficit budgétaire en Afrique centrale est passé à 1,6% contre 1,1% en 2023. Cette performance est le résultat de la baisse des recettes pétrolières dans les pays exportateurs de pétrole.
A ce jour, les économies africaines, notamment celles de l’Afrique centrale et de l’Est peinent encore à créer une croissance inclusive et suffisamment robuste pour se traduire par une amélioration des conditions de vie des populations. Pour pallier ces problèmes, Adama Ekberg Coulibaly prescrit une coopération du secteur privé et la création d’un écosystème propice à l’émergence des « champions nationaux ».
Augmenter la capacité productive relève aussi de la confiance des acteurs du secteur privé. Ils doivent investir pour compléter les investissements publics. Cette problématique nous appelle à nous penser sur la structure de notre tissu industriel. Nous avons à faire à de très petites entreprises. Même nos grandes entreprises ne font pas partie des 500 premières entreprises du monde. Nos petites, nos moyennes entreprises sont asphyxiées. Il faut porter une attention particulière sur la création d’un environnement favorable à l’épanouissement de ces acteurs qui doivent émerger,
explique le directeur des initiatives sous régionales. Consolider les acquis et préparer l’avenir
Malgré ce retard considérable observé, la rencontre du 1er octobre 2025 s’impose comme un moment d’échange, de réflexion et de consolidation des acquis des deux régions africaines. L’activité économique en Afrique centrale affiche une croissance positive en 2024. Elle a augmenté de 1,2 points pour se situer à 4,5% contre 3,4% en 2023. Une évolution portée par la bonne dynamique pétrolière dans les pays exportateurs de pétrole.
Elle est également la résultante des bonnes performances du secteur agricole, de l’industrie manufacturière, de la construction et des services. Pour ce qui est de l’Afrique de l’Est, la croissance est estimée à 6,5% en 2025. Cette progression est principalement soutenue par les secteurs des services, l’agriculture, et l’industrie.
A en croire les recommandations à l’issue de la rencontre, consolider ces acquis, c’est aussi investir dans des secteurs porteurs comme les infrastructures ; l’industrialisation et la diversification des économies ; le développement des Zones économiques spéciales (ZES) ; l’innovation technologique et le transfert des compétences, ainsi que la durabilité ; la croissance verte et la croissance bleue. La session conjointe 2025 du CIE marque donc un tournant important dans la coopération interrégionale en Afrique. Son point d’ancrage sur les capacités productives et le commerce ouvre la voie vers une Afrique plus intégrée, plus autonome et plus résiliente.
