Gabon Economic Forum : vers une croissance économique à deux chiffres au Gabon

La première édition du « Gabon Economic Forum » s’est ouverte à Libreville ce 07 juillet 2025 sous le thème « Transformer l’économie gabonaise pour assurer une croissance durable et partagée ». L’événement qui réunit des acteurs du tissu économique et social venus du monde, a pour objectif de définir un plan de développement générateur d’une croissance soutenue de 10 % minimum dans le pays, alors qu’elle se situe actuellement à peu près à 2,9 %.

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Au Gabon, le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume par habitant est passé de 14 800 USD (8, 266 millions de Fcfa), à 6 500 USD (3, 630 millions de Fcfa) entre 1976 et 2023 ; soit une chute de plus de 50 %.

Ce recul traduit un blocage structurel qui démontre clairement que nous sommes enfermés dans la trappe des pays à revenu intermédiaire. Notre croissance économique stagne autour à 2,5 % en moyenne par an, significativement en dessous du taux de croissance de la population. Le modèle actuel est essoufflé, et il ne produit ni prospérité partagée, ni souveraineté économique. Lorsque vous portez un regard positif sur le monde, les défis se transforment en opportunités, et l’avenir devient synonyme de succès. C’est fort de cette conviction que nous devons envisager l’avenir avec optimisme en tenant fermement notre ligne de conduite, qui vise à garantir la stabilité, protéger les plus vulnérables et restaurer la confiance dans la signature de l’État, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières

Henri Claude Oyima, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations

Construction d’une économie nouvelle

À l’initiative du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, la cérémonie d’ouverture du forum économique du Gabon était présidée par le Vice-président du gouvernement gabonais, SEM Alexandre Barro Chambrier. L’événement majeur qui a vu la participation de plusieurs délégations venues du monde entier, est une démonstration de l’engagement du Gabon dans la construction d’une économie nouvelle, industrialisée et souveraine. Rappelons que le 26 juin 2025, la Note de Conjoncture économique du Gabon publiée le par la Banque mondiale, révélait que l’économie gabonaise a enregistré une croissance estimée à 2,9 % en 2024, tirée principalement par le secteur pétrolier et par l’accélération des travaux publics.

Seulement cette croissance est largement en dessous de l’ambition des dirigeants du pays, qui est celle d’atteindre un taux de croissance supérieur ou égale à 10 % dans les années à venir. Les nouvelles autorités du pays ont d’ores et déjà déployé des réformes pour y parvenir. On peut relever : La création en juin dernier de cinq Fonds stratégiques dans l’agriculture, la pêche, l’énergie, le logement et les infrastructures, considérés comme de véritables leviers pour relancer l’investissement productif ; L’interdiction d’importation des poulets de chair à compter de janvier 2027 pour promouvoir des initiatives locales ; La décision d’interdire d’ici 2029 l’exportation du manganèse brut, pour valoriser les ressources localement et renforcer les chaînes de valeur nationales ; L’évaluation en cours des participations de l’Etat pour en faire de vrais leviers de développement ; et l’Audit du patrimoine de l’État pour sortir de la précarité de l’administration, entre autres.

Développer l’agriculture, pêche, tourisme

Notre ambition est claire : atteindre une croissance vigoureuse, durable et inclusive, propulsée par la vitalité de notre secteur non-pétrolier,

a martelé le ministre de l’Économie, Henri Oyima. 

Pour se faire le pays mise sur la diversification économique, avec des secteurs prioritaires à l’instar de l’agriculture et la pêche pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire. Précisons que le Gabon importe les produits alimentaires à hauteur de plus de 626, 65 millions USD (soit plus de 350 milliards de Fcfa) annuellement. Une grande dépense pour l’Etat gabonais qui entend désormais produire des denrées alimentaires non seulement pour nourrir sa population, mais surtout pour exporter vers l’extérieur.

Je crois que l’enjeu pour l’économie gabonaise aujourd’hui c’est de passer d’une économie de rente et d’intermédiation à une économie de production. C’est-à-dire une économie qui crée en son sein de la valeur ajoutée au lieu d’en importer, et au lieu d’exporter de la matière brute. C’est en cela que doit consister la diversification de l’économie gabonaise. Il s’agit donc d’abord de faire un point sur l’état actuel de cette économie et deuxièmement à partir de cet état et de l’analyse des besoins c’est-à-dire de la demande interne, mais aussi de la demande mondiale, de voir quels sont les secteurs qui peuvent être développés, sur lesquels on peut investir pour pouvoir créer de la valeur. Et en même temps pour pouvoir créer cette valeur, que l’ensemble d’infrastructures vont être mises en place et qu’un niveau de capital humain doit être formé pour pouvoir accompagner et porter cette diversification de l’économie

explique le Pr Bruno Ebe Bekolo, agrégé en sciences économiques et de gestion, Recteur honoraire d’universités. 

Aussi, comblé de multiples richesses naturelles, le Gabon compte développer le tourisme, ainsi que les services à forte valeur ajoutée pour bâtir une économie de la connaissance. C’est en cela que le ministère du Tourisme durable et de l’artisanat a lancé depuis l’année dernière un programme dénommé « Caravane touristique » qui permet aux Gabonais et à de nombreux touristes étrangers de visiter et de découvrir le Gabon et ses merveilles.

Doter le budget d’un volet investissement

Pour mieux garantir l’envol industriel, le gouvernement gabonais milite pour un cadre règlementaire intégrant l’aspect investissements. 

Notre engagement commun envers une discipline budgétaire irréprochable est une pierre angulaire de notre réforme. L’adoption d’un budget zéro, la stricte mobilisation des recettes avant toute dépense, l’encadrement rigoureux des exonérations, la valorisation de nos terres, de nos eaux et du numérique, ainsi que la maîtrise de notre dette, sont des signaux de notre gouvernance irréprochable. Ainsi, le budget de la nation doit redevenir un puissant levier de transformation, doté d’un volet investissement ambitieux ancré dans les Objectifs de Développement Durable, traçant les objectifs de développement que le Gabon se fixe à moyen et long terme,

a indiqué le Vice-président du gouvernement Alexandre Barro Chambrier. 

La première édition du « Gabon Economic Forum » (forum économique du Gabon) rassemble des experts, universitaires, opérateurs économiques, leaders d’opinion et la société civile. L’événement haut de gamme précède la mise en place du Programme National de Croissance et de Développement (PNCD). Un Plan qui se veut réaliste, inclusif et ambitieux, générateur d’une Croissance soutenue de 10% minimum pour l’économie gabonaise dans les prochaines années. 

 

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