Que recouvre exactement la notion d’obligation bleue ?
La particularité des obligations bleues c’est qu’elles permettent de financer les activités en rapport avec la protection du milieu marin. A la différence des obligations vertes par exemple qui sont beaucoup plus au niveau terrestre, au niveau des forêts, au niveau changement climatique terrestre. Mais pour ce qui concerne les obligations bleues, c’est vraiment de mettre un accent sur la protection des océans, sur la protection du milieu marin et sur la conservation de ces milieux là.
- Que recouvre exactement la notion d’obligation bleue ?
- Quels sont les avantages et les risques pour un pays comme le Gabon d’émettre une obligation bleue ?
- Quelles réformes juridiques ou institutionnelles sont nécessaires pour soutenir l’émission d’obligations bleues au Gabon ?
- Comment les communautés côtières et les acteurs locaux seront-ils impliqués dans la sélection et la mise en œuvre des projets ?
- Quels types de partenariats sont envisageables entre le secteur public et le secteur privé pour soutenir l’émission ?
- Quelle est la demande réelle des investisseurs pour ce type de produit financier ?
- Quelle stratégie pour assurer la pérennité économique des investissements, une fois les financements consommés ?
Quels sont les avantages et les risques pour un pays comme le Gabon d’émettre une obligation bleue ?
En termes d’avantages, un pays comme le Gabon peut en effet tirer plusieurs avantages des obligations bleues. Vous savez recouvrer des crédits, recouvrer les subventions en matière de financement des projets au niveau international n’est pas toujours évident. Les blues bonds peuvent constituer une opportunité pour un pays comme le Gabon qui a l’ambition de gérer durablement ses ressources halieutiques, de gérer durablement les activités de pêche, de conserver et de protéger la biodiversité marine entre autres. C’est vraiment une opportunité pour le Gabon de pouvoir financer ces projets. Comme le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’économie Bleue, Laurence Mengue Nzoghe Epse Ndong l’a si bien dit , le Gouvernement gabonais a pour ambition de développer enfin son économie bleue . Et les projets Blue bonds sont une grande opportunité pour financer l’économie bleue durable.
Pour ce qui est des risques, vous savez que dans toutes œuvres humaines il y a des risques. Le risque ici est que les financements soient beaucoup plus orientés vers la protection et la conservation plutôt que vers la gestion durable. Car notons que l’un des grands axes de la vision du chef de l’État, chef du Gouvernement SE Brice Clotaire Oligui Nguema c’est que la conservation puisse profiter aux populations. Il est question pour le projet Blue bond au Gabon de pouvoir faire en sorte que la conservation et la protection soient au bénéfice des populations. Nous devons allier la conservation et la protection aux enjeux de développement du pays à travers le développement d’une économie bleue durable.
Quelles réformes juridiques ou institutionnelles sont nécessaires pour soutenir l’émission d’obligations bleues au Gabon ?
Vous savez qu’au Gabon, nous sommes passés de la IVe à la Ve République. Il y a un certain nombre de textes qui doivent être revus pour pouvoir tenir compte du nouveau contexte, comme l’a annoncé le chef de l’État. Et le projet Blue Bond n’échappe pas à cette règle. En effet, il y a des textes qui avaient été pris par l’ancien régime pour sa mise en œuvre. Tel était le cas par exemple de l’arrêté qui mettait en place le Comité de pilotage (COPIL) du projet. Il est question aujourd’hui pour la nouvelle République de revisiter ces textes afin de pouvoir les arrimer à la nouvelle situation. Pour ce cas d’espèce, le COPIL était arrimé au niveau de la Primature, or, il n’existe plus de Primature au Gabon, mais plutôt la Vice présidence chargé du Gouvernement. Donc ce texte doit obligatoirement être revu afin de tenir compte de la nouvelle réalité institutionnelle et gouvernementale.
Comment les communautés côtières et les acteurs locaux seront-ils impliqués dans la sélection et la mise en œuvre des projets ?
Au cours de ces assises qui ont réuni l’ensemble des parties prenantes gouvernementales sur l’économie bleue, le ministre de la Mer, de la pêche et de l’économie bleue, a décliné la stratégie gouvernementale en matière de mer, de pêche et d’économie bleue. Et il a été présenté les différents axes qui animent la stratégie. Ces axes ont des projets et des activités prévues. Les groupes de travail de ces assises avaient pour mission d’identifier l’ensemble des activités, l’ensemble des projets qui sont déclinés au niveau de la stratégie, de pouvoir les insérer dans les engagements du projet Bleue bond afin de voir comment le projet Blue bond va mieux financer l’économie bleue durable au Gabon.
Quels types de partenariats sont envisageables entre le secteur public et le secteur privé pour soutenir l’émission ?
Selon la vision et la stratégie nationale de développement du secteur mer, pêche et économie bleue, un accent particulier est mis sur l’entreprenariat des jeunes, plus particulièrement au niveau du secteur pêche. Et le projet Blue bond à travers le Fonds de préservation de la biodiversité du Gabon fera un appel à projet pour les jeunes gabonais qui veulent se lancer dans les activités en lien avec le développement de l’économie bleue. Le projet Blue Bond va accompagner ces projets ainsi que les jeunes qui veulent effectivement se lancer dans ce secteur à fort potentiel. C’est quelque chose qui va se passer dans un avenir très proche. Madame le ministre de la Mer va officiellement annoncer le lancement de ces appels à projet.
Quelle est la demande réelle des investisseurs pour ce type de produit financier ?
Cette question est très fondamentale pour les projets de Blue bonds. Les investisseurs de façon général aiment avoir des cadres stables, où l’organisation gouvernementale est favorable à leurs activités. La stratégie nationale de développement de la pêche et de la mer est une stratégie qui fait appel à plusieurs activités nécessitant des investissements. Et le projet Blue Bond va concourir à la mise en place d’un cadre propice aux investisseurs et surtout de pouvoir identifier les projets prometteurs pour le développement d’une économie bleue durable.
Quelle stratégie pour assurer la pérennité économique des investissements, une fois les financements consommés ?
Le ministère a une vision très claire pour garantir la pérennité des investissements. D’abord de rassurer les investisseurs qui veulent venir contribuer au développement de l’économie bleue. Relativement à l’axe 2 de la stratégie concernant particulièrement le cadre juridique et institutionnel dont nous avons parlé plus haut, le ministère de la Mer, de la pêche et de l’économie bleue est en train de mettre en place tout le mécanisme nécessaire afin de rassurer les investisseurs d’une part, et surtout de garantir les investissements qui seront faits dans le cadre du développement de la pêche et de l’économie bleue d’autre part.