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Cameroun : l’inflation se maintient à 2,6 % en mai 2026 malgré une flambée des prix alimentaires

Alors que l'inflation poursuit sa décrue au Cameroun, une poussée des prix alimentaires en mai 2026 rappelle la fragilité de cet équilibre. Selon la dernière note de conjoncture sur les prix à la consommation, l'économie nationale reste dans une phase de désinflation, mais les légumes, les poissons et les viandes ont fortement renchéri au cours du mois, alimentant une hausse des prix de 0,9 %, la plus importante enregistrée depuis le début de l'année.

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Alors que l’inflation poursuit sa décrue au Cameroun, une poussée des prix alimentaires en mai 2026 rappelle la fragilité de cet équilibre. Selon la dernière note de conjoncture sur les prix à la consommation, l’économie nationale reste dans une phase de désinflation, mais les légumes, les poissons et les viandes ont fortement renchéri au cours du mois, alimentant une hausse des prix de 0,9 %, la plus importante enregistrée depuis le début de l’année.

L’économie camerounaise continue de contenir les pressions inflationnistes. En moyenne sur les douze derniers mois, le taux d’inflation s’établit à 2,6 % en mai 2026, contre 4,2 % un an plus tôt, restant ainsi en dessous du seuil communautaire de convergence de 3 % fixé par la CEMAC. En glissement annuel, l’inflation ressort à 2,7 %, contre 3,3 % en mai 2025. Ces indicateurs confirment la poursuite du mouvement de désinflation observé depuis plusieurs mois.

Les produits alimentaires tirent les prix vers le haut

Si la tendance générale demeure favorable, le mois de mai marque néanmoins une accélération des prix. L’indice des prix à la consommation progresse de 0,9 % par rapport à avril, soit la hausse mensuelle la plus élevée depuis le début de l’année. Cette évolution est principalement imputable aux produits alimentaires, dont les prix augmentent de 2,3 % sur un seul mois.

Les légumes enregistrent la plus forte progression avec 6,1 %, suivis des poissons et fruits de mer (+4,6 %) et des viandes (+1,6 %). Sur douze mois, les poissons et fruits de mer affichent même une hausse spectaculaire de 13,4 %, tandis que les légumes progressent de 8,3 % et les viandes de 7,4 %.

Selon le rapport, les produits alimentaires demeurent ainsi le principal moteur de l’inflation au Cameroun, avec une hausse annuelle de 5,6 %, soit plus du double du taux d’inflation global.

Une inflation essentiellement domestique

Autre enseignement majeur : les tensions inflationnistes proviennent davantage de l’économie nationale que des importations. Les prix des biens et services produits localement augmentent de 3,1 % sur un an, contre seulement 1,3 % pour les produits importés. Cette situation traduit notamment l’augmentation des coûts de production, les contraintes logistiques internes ainsi que la dépendance persistante à certains intrants importés.

En parallèle, l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits frais et l’énergie, demeure limitée à 1,6 %, signe que les tensions restent concentrées sur quelques catégories de produits et ne se diffusent pas encore à l’ensemble de l’économie.

D’importants écarts entre les régions

L’évolution des prix varie sensiblement selon les villes. Bertoua enregistre le taux d’inflation le plus élevé du pays avec 4,2 %, devant Ngaoundéré (3,8 %), Bafoussam (3,7 %) et Bamenda (3,6 %). À l’inverse, Maroua affiche une inflation négative de -0,7 %, tandis que Douala (2,4 %) et Yaoundé (3,0 %) restent proches de la moyenne nationale.

Selon les auteurs de la note, ces écarts reflètent principalement les différences de coûts de transport, la disponibilité des produits locaux ainsi que les difficultés d’approvisionnement observées dans certaines régions.

Les tensions pétrolières sous surveillance

Au-delà des chiffres de mai, le rapport attire l’attention sur un risque susceptible de relancer les tensions inflationnistes : la hausse des coûts internationaux des carburants.

Sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le coût d’importation du super a augmenté de 33,6 % entre février et mai 2026, tandis que celui du gasoil a bondi de 60,7 %. Cette évolution pourrait progressivement renchérir les coûts de transport, les prix des denrées alimentaires et les coûts de production des entreprises, tout en accentuant la pression sur les finances publiques via les mécanismes de stabilisation des prix des carburants.

Une désinflation qui reste fragile

Malgré cette remontée ponctuelle des prix, le Cameroun conserve une inflation inférieure au plafond communautaire de la CEMAC. Toutefois, la progression des prix alimentaires et les incertitudes sur les marchés internationaux de l’énergie montrent que cette désinflation demeure fragile. Si les tensions sur les produits frais et les carburants devaient se prolonger, elles pourraient progressivement ralentir la baisse de l’inflation, voire enclencher un nouveau cycle de hausse des prix dans les prochains mois.

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