Le barrage de Nachtigal, d’une capacité installée de 420 MW, constitue une infrastructure centrale du système électrique camerounais. Mis en exploitation progressive, il s’inscrit dans un partenariat public-privé structuré autour d’engagements financiers spécifiques, dont une garantie souveraine destinée à couvrir les risques de paiement de l’électricité produite. Face aux tensions observées dans le secteur de l’énergie, l’État a engagé une opération de reconstitution de cette garantie afin d’assurer la continuité des obligations contractuelles et de préserver l’équilibre financier du projet.
Le dispositif financier de Nachtigal repose sur un mécanisme de sécurisation des paiements entre l’acheteur de l’électricité et le producteur NHPC. Dans ce cadre, l’État camerounais intervient comme garant en cas de défaillance ou de retard de paiement.
Ce mécanisme, matérialisé par une lettre de crédit stand-by (SBLC), constitue une pièce essentielle du financement du projet. Il permet de rassurer les partenaires financiers internationaux et d’assurer la continuité des flux financiers nécessaires à l’exploitation de l’infrastructure.
35 milliards de FCFA déjà mobilisés sur 56 milliards attendus
Selon les informations disponibles, l’opération de reconstitution de la garantie progresse de manière significative. Sur les 56 milliards de FCFA nécessaires, environ 35 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés, représentant plus de 60 % de l’objectif fixé.
Il reste donc environ 21 milliards de FCFA à sécuriser pour finaliser entièrement le dispositif. Cette mobilisation vise à reconstituer une ligne de garantie libellée en euros, destinée à couvrir les engagements financiers liés à l’achat de l’électricité produite par la centrale lorsque les paiements ne sont pas effectués dans les délais contractuels.
Avec ses 420 MW de capacité, Nachtigal représente aujourd’hui l’un des projets énergétiques les plus structurants du Cameroun. Sa production est destinée à couvrir une part importante des besoins du Réseau interconnecté Sud, estimée autour de 30 % selon les projections du projet. Cette contribution doit permettre de réduire le déficit énergétique, d’améliorer la qualité de fourniture et de soutenir la croissance de la demande industrielle et urbaine.
Un enjeu de stabilité financière pour l’État
Au-delà de son impact énergétique, la reconstitution de la garantie financière reflète les engagements budgétaires et contractuels de l’État dans le cadre des partenariats public-privé. Elle constitue également un indicateur de la capacité des finances publiques à absorber les risques liés aux grands projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des partenaires techniques et financiers impliqués dans le secteur énergétique.
La mobilisation de 35 milliards de FCFA pour la reconstitution de la garantie du barrage de Nachtigal marque une étape importante dans la sécurisation du montage financier du projet. Alors que 21 milliards de FCFA restent à mobiliser, l’État poursuit ses efforts pour stabiliser un dispositif essentiel au fonctionnement de la plus grande infrastructure hydroélectrique du pays. Cette opération s’inscrit dans une logique plus large de consolidation du secteur énergétique et de renforcement de la crédibilité financière du Cameroun.
