C’est une manne financière d’environ 9,6 milliards de dollars US (6000 milliards de FCFA), selon une étude menée en 2023 par la Direction des études, de la recherche et des statiques de la BEAC qui échappe jusque-là aux pays de la CEMAC. Les fonds de remise en état des sites pétroliers et miniers (RES) ne sont toujours pas rapatriés à la Banque centrale des Etats de la sous-région CEMAC, Mais, restent logés dans les comptes offshores, hors de la zone CEMAC. Malgré le mandat des Chefs d’État à la Commission CEMAC concernant le rapatriement et la domiciliation de ces Fonds RES, réaffirmé lors du sommet de décembre 2024. Et, les compagnies pétrolières avaient jusqu’au 30 avril 2025, pour commencer ce rapatriement des fonds RES.
La réunion, dite historique du Gabon, du 30 avril 2025, entre le gouvernement gabonais, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et les compagnies pétrolières, peut donc paraître comme un prélude à la mise en œuvre effective de cette réforme des fonds RES. Une initiative dont on dit portée par une forte volonté politique, annonce une nouvelle ère de gestion responsable des ressources pétrolières à travers la réforme du Fonds RES, destiné à la remise en état des sites d’exploitation.
Lors d’une conférence de presse à l’issue de cette réunion, le Vice-premier ministre gabonais en charge de la Planification, Alexandre Barro Chambrier, a souligné l’importance stratégique de cette réforme. Il an mis en avant, la vision présidentielle de renforcer la transparence budgétaire et la gouvernance économique. « Cette démarche répond aux attentes des institutions régionales, notamment la CEMAC, en matière de discipline financière et de durabilité », a-t-il déclaré, saluant la convergence entre impératifs économiques et environnementaux.
Le ministre de l’Économie du Gabon, Mark Doumba, a ensuite détaillé les enjeux techniques du mécanisme. Il a insisté sur la nécessité de rapatrier et de cogérer les fonds destinés à la réhabilitation environnementale, souvent provisionnés sur plusieurs décennies sans contrôle réel des États. Après plusieurs années de négociations, seuls des désaccords résiduels demeurent, dont un dernier point complexe : l’immunité juridique de la BEAC.
Et justement, le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a quant à lui confirmé que ce point de blocage est non négociable. Il a défendu la nécessité de préserver l’immunité de la Banque centrale, essentielle pour la stabilité monétaire et la sécurité financière de la sous-région. « Ce principe ne peut être compromis sans mettre en péril l’architecture économique de la CEMAC », a-t-il précisé.
Malgré cet obstacle, les trois parties ont, apprend-t-on, affiché un optimisme prudent, et une volonté commune d’aboutir à un accord. Ce dialogue, ancré dans un esprit de partenariat et de responsabilité, représente une avancée significative vers une exploitation pétrolière plus équitable, transparente et respectueuse de l’environnement. Une nouvelle page est ainsi en train de s’ouvrir dans la gestion des ressources naturelles en Afrique centrale.
