Louis Banga Ntolo dirige la BVMAC depuis la fin 2021. Son expérience dans le secteur financier sous-régional est reconnue. Avant sa nomination, il a participé activement à la création du marché financier camerounais (DSX). Il a aussi été commissaire à la Commission des marchés financiers (CMF), l’ancienne autorité de régulation camerounaise. Sa carrière l’a également conduit à la Société Générale Capital Securities Central Africa, où il était Directeur général. Cette expertise a permis d’impulser un changement notable à la BVMAC. Depuis son arrivée, la gouvernance managériale a été assainie.
L’efficacité opérationnelle s’est améliorée. Ces progrès ont conduit à une meilleure réputation de la Bourse dans la zone CEMAC. Les chiffres traduisent les avancées sous le mandat de Louis Banga Ntolo. Le capital social de la BVMAC a augmenté de 29 %, passant de plus de 14 millions de dollars américain (7 milliards) à plus de 159 millions de dollars américain (9 milliards de FCFA). La capitalisation flottante s’établit désormais à plus 117 millions de dollar américain (66,4 milliards de FCFA). Sur les compartiments obligations et actions, la valeur des transactions a plus que doublé en une année. Le chiffre d’affaires de la Bourse a progressé de 52,1 %, atteignant près de 2 millions de dollars (868,6 millions de FCFA).
Par ailleurs, la dette financière a été quasiment éliminée (-99,99 %). La société a affiché, pour la première fois depuis quatre ans, un résultat net positif de 150589 dollars (8,5 millions de FCFA). L’encours des dettes, quant à lui, a atteint plus de 2 milliards de dollar américain (1 300 milliards de FCFA), soulignant une gestion rigoureuse et une stratégie maîtrisée.
Réformes réglementaires majeures
Un chantier clé de ce mandat a été la révision du cadre réglementaire. En avril 2025, la BVMAC a adopté un nouveau Règlement général, composé de 237 articles, et validé par la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF). Ce texte remplace celui de 2008. Ce nouveau règlement assouplit les conditions d’accès à la Bourse. La capitalisation minimale requise pour les PME a été abaissée de 17 à 88 millions de dollars (10 milliards à 50 millions de FCFA). L’obligation de disposer de deux exercices bénéficiaires consécutifs a été supprimée. L’exigence de fonds propres minimaux a aussi été levée. L’objectif est de faciliter l’entrée des PME sur le marché, d’augmenter la liquidité et d’attirer davantage d’émetteurs et d’investisseurs.
Malgré les avancées, plusieurs obstacles demeurent. La privatisation des entreprises publiques, censée alimenter le marché en titres, progresse lentement. Les procédures administratives et les blocages politiques ralentissent ce processus. Le secteur privé, et notamment les PME, reste peu impliqué dans les opérations boursières. Les freins financiers et techniques limitent leur accès. La sensibilisation et la formation des acteurs économiques sont encore insuffisantes. Le retard dans la mise en place du Dépositaire central unique (DCU) est un point critique. Ce système est essentiel pour centraliser la gestion des titres et sécuriser les transactions. Son absence entrave la fluidité et la sécurité des échanges. Par ailleurs, le marché manque encore de produits financiers diversifiés, capables de répondre aux besoins variés des investisseurs.
Les chantiers prioritaires
Le mandat 2025-2029 devra consolider les acquis et accélérer la modernisation de la BVMAC. La mise en œuvre effective du nouveau Règlement général sera une priorité. Un suivi attentif permettra d’évaluer ses effets sur l’introduction en bourse des PME et la croissance du marché. La relance du processus de privatisation des entreprises publiques est un enjeu majeur. L’objectif est d’augmenter l’offre de titres et de renforcer la crédibilité du marché. Le développement de nouveaux instruments financiers, comme les obligations à impact social, les titres verts ou les fonds communs de placement, est attendu. Ces produits contribueront à élargir la base d’investisseurs. L’installation rapide du Dépositaire central unique est essentielle. Ce système garantira une meilleure sécurité et une gestion plus efficace des transactions. Enfin, le dialogue renforcé avec les autorités publiques, les entreprises et les acteurs économiques de la CEMAC sera nécessaire pour créer un environnement favorable à l’investissement.
La BVMAC se positionne aujourd’hui comme un acteur central du développement économique en Afrique centrale. Le marché financier régional cherche à s’adapter aux besoins d’un environnement en mutation. Les efforts réalisés pour assainir la gouvernance, accroître la transparence et élargir l’accès au marché sont visibles. Le nouveau cadre réglementaire est un levier important pour dynamiser la place boursière. Cependant, la réussite dépendra de la capacité à lever les freins structurels et à innover pour diversifier l’offre et attirer des investisseurs. Le nouveau mandat de Louis Banga Ntolo s’inscrit dans cette dynamique. Son expertise et son expérience seront mises à contribution pour poursuivre la transformation de la BVMAC.