CEMAC : ces incertitudes qui font assombrir les perspectives économiques

Le Fonds Monétaire International (FMI) au terme de ses entretiens annuels avec les pays membres de la CEMAC citre entre autres, les retards dans la correction des dérapages budgétaires ; la baisse des prix des matières premières ; le resserrement des conditions financières ; l'incertitude politique accrue dans un contexte électoral chargé en 2025 ; l'inflation persistante, etc.

5 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

Les perspectives économiques des pays membres de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) restent assombries. C’est l’une des conclusions du Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI), qui a achevé, le 24 février 2025, ses entretiens annuels concernant les politiques communes de la CEMAC et les politiques communes à l’appui des programmes de réforme des pays membres.

Le FMI justifie sa position par de grandes incertitudes, notamment des risques importants de détérioration. C’est le cas avec les retards dans la correction des dérapages budgétaires ; la baisse des prix des matières premières ; le resserrement des conditions financières ; l’incertitude politique accrue dans un contexte électoral chargé en 2025 ; l’inflation persistante ; l’instabilité financière ; la lenteur des progrès des réformes structurelles ; l’insécurité alimentaire ; les conflits internes et les perturbations liées au climat, peut-on lire dans le communiqué de presse du FMI.

Un taux de croissance du PIB de 2,8 % en 2025

 Le FMI précise que la trajectoire dépend de la mise en œuvre effective de mesures correctrices par les pays membres, conformément à l’engagement pris lors du sommet extraordinaire des chefs d’État de décembre 2024 pour corriger les déséquilibres macroéconomiques, renforcer les institutions régionales et faire avancer les réformes structurelles. Pour l’heure, la croissance du PIB réel, à court terme, devrait ralentir pour s’établir à 2,8 % en 2025, principalement en raison de la baisse de la production pétrolière. L’inflation devrait continuer de baisser pour s’établir à 3,1 % d’ici à la fin de 2025, sous l’effet décalé des mesures passées de resserrement et de la baisse des prix mondiaux des produits de base.

Les recommandations du FMI

Mais à moyen terme, cette croissance devrait se raffermir pour atteindre 3,6 % d’ici à 2029, principalement sous l’effet d’un rebond du secteur non pétrolier. Des réformes structurelles visant à améliorer la gouvernance et le climat des affaires, ainsi qu’à élargir l’accès au financement devraient favoriser la croissance potentielle. Les pays membres devraient mettre en œuvre des mesures de rééquilibrage budgétaire soutenues, la dette publique devant tomber à 42 % du PIB d’ici à 2029, contre 50,9 % du PIB en 2024. Le solde du compte courant devrait se détériorer pour atteindre -2,2 % du PIB d’ici 2029, contre -1,2 % du PIB en 2024, principalement en raison de la baisse des recettes et de la production des exportations d’hydrocarbures. Les efforts d’ajustement des États membres devraient stabiliser la couverture des réserves à environ 4,3 mois d’importations prospectives à moyen terme, légèrement en dessous des indicateurs d’adéquation des services du FMI pour une union monétaire riche en ressources naturelles (5 mois), recommande le FMI.

L’économie de la CEMAC, constate le FMI, a connu un ralentissement en 2023, sous l’effet d’une baisse de la production d’hydrocarbures, et la croissance du PIB réel a marqué le pas pour s’établir à 2,5 %. La position extérieure s’est également affaiblie. Alors que le rythme d’accumulation des réserves de change diminuait, leur couverture est restée inférieure aux niveaux adéquats. L’activité économique a connu une légère progression en 2024, avec une croissance du PIB réel estimée à 3,2 %, soutenue par une reprise de la production d’hydrocarbures.

Affaiblissement de la position extérieure des pays de la CEMAC

Toutefois, poursuit le FMI, les assurances régionales relatives aux avoirs extérieurs nets (AEN) pour fin juin 2024 (4,5 milliards d’euros) n’ont pas été atteintes, s’établissant à 4,43 milliards d’euros. En outre, les données préliminaires indiquent que les assurances relatives aux AEN à fin décembre 2024 ne seront probablement pas respectées. Cela reflète un affaiblissement de la position extérieure dû à la baisse des prix du pétrole et aux dérapages budgétaires. L’inflation est restée élevée, à 4,3 % en septembre 2024, dépassant ainsi le critère de convergence régional.

Pour en savoir plus...