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African Business Club à Abidjan : 114 000 milliards FCFA d’opportunités et une Côte d’Ivoire qui veut séduire les capitaux africains

En mission économique à Abidjan récemment, une délégation de l’African Business Club conduite par son président Yannick Mekwegne a échangé avec le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI). Au cœur des discussions : les opportunités d’affaires offertes par le nouveau Plan national de développement (PND) 2026-2030, les réformes du climat des affaires et les perspectives de partenariat entre la Côte d’Ivoire, les investisseurs africains et sa diaspora.

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La Côte d’Ivoire poursuit sa stratégie de séduction des investisseurs africains et internationaux. Dans cette dynamique, le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a reçu une délégation de l’African Business Club (ABC), conduite par son président, Yannick Mekwegne, dans le cadre d’une mission économique visant à identifier les secteurs porteurs et les opportunités d’investissement qu’offre aujourd’hui la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par le lancement du Plan national de développement (PND) 2026-2030, véritable feuille de route économique du gouvernement ivoirien pour les cinq prochaines années.

Un programme d’investissements de plus de 114 000 milliards FCFA

Adopté en février 2026, le nouveau PND prévoit un volume global d’investissements de 114 838,5 milliards de FCFA, dont plus de 70 % devront être financés par le secteur privé. Le gouvernement ambitionne ainsi de maintenir une croissance économique moyenne de 7,2 % sur la période 2026-2030 et de hisser le pays au rang des économies à revenu intermédiaire supérieur d’ici la fin de la décennie.

Pour les responsables du CEPICI, ce vaste programme constitue un appel direct aux investisseurs africains, aux groupes internationaux ainsi qu’aux membres de la diaspora désireux de participer à la transformation économique du pays.

 Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central dans la mise en œuvre du PND,

rappellent les autorités ivoiriennes, qui misent sur un partenariat renforcé entre l’État et les investisseurs pour financer les projets structurants du pays.

Un climat des affaires en constante amélioration

Lors des échanges avec la délégation de l’African Business Club, le CEPICI a mis en avant les nombreuses réformes engagées ces dernières années pour améliorer l’environnement des affaires. La Côte d’Ivoire s’est notamment dotée d’un guichet unique de création d’entreprise, d’un code des investissements offrant des avantages fiscaux et douaniers attractifs, ainsi que de dispositifs spécifiques dédiés aux zones économiques spéciales et aux zones franches industrielles.

Ces mesures ont contribué à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Le CEPICI présente aujourd’hui la Côte d’Ivoire comme une porte d’entrée privilégiée vers un marché régional de plus de 410 millions de consommateurs au sein de la CEDEAO, auquel s’ajoutent les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Avec une population estimée à plus de 29 millions d’habitants et un poids économique représentant près de 40 % du PIB de l’UEMOA, le pays demeure l’un des principaux moteurs de croissance du continent.

Mines, énergie et logistique : des projets de plusieurs milliers de milliards de FCFA à saisir

Au-delà des réformes du climat des affaires, le CEPICI a présenté à la délégation de l’African Business Club plusieurs projets structurants inscrits dans le cadre du PND 2026-2030.

Dans le secteur minier, la Côte d’Ivoire entend poursuivre sa montée en puissance parmi les grands producteurs aurifères africains. Le projet aurifère de Koné, développé par Montage Gold dans le nord-ouest du pays, représente à lui seul un investissement estimé à près de 500 milliards FCFA. Sa mise en production est prévue en 2027 avec une capacité annuelle attendue d’environ 349 000 onces d’or sur les premières années d’exploitation. Le projet devrait générer plus de 2 000 emplois durant la phase de construction.

Autre projet stratégique, le gisement de Doropo, développé dans le nord-est du pays par Resolute Mining, mobilisera près de 300 milliards FCFA d’investissements pour une production annuelle estimée à plus de 167 000 onces d’or. Ces projets viennent compléter les performances des mines de Lafigué et d’Ity, qui ont contribué à porter la production nationale d’or à plus de 58 tonnes en 2025t.

L’énergie constitue le deuxième pilier des opportunités présentées aux investisseurs. Le gouvernement ivoirien ambitionne d’accroître la capacité électrique nationale de 3 019 MW actuellement à 7 751 MW d’ici 2030, afin d’accompagner l’industrialisation du pays et la croissance de la demande régionale. Cette ambition repose notamment sur la troisième phase du projet pétrolier et gazier Baleine, opérée par Eni et Petroci. Après les deux premières phases déjà opérationnelles, cette nouvelle étape devrait permettre de porter la production à environ 150 000 barils de pétrole par jour et 200 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour, contre respectivement 60 000 barils et 80 millions de pieds cubes actuellement. Le projet représente plusieurs milliards de dollars d’investissements et constitue aujourd’hui le plus important développement énergétique du pays.

Dans les énergies renouvelables, la centrale hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty, dont le coût est estimé à près de 130 milliards FCFA, ajoutera 44 MW au réseau national. L’État prévoit également l’extension de la centrale solaire de Boundiali, dont la capacité devrait atteindre près de 83 MW, ainsi que le développement de nouvelles unités de biomasse destinées à valoriser les déchets agricoles.

Les infrastructures logistiques figurent également parmi les principaux leviers d’attraction des capitaux privés. Le gouvernement poursuit l’extension du Port autonome d’Abidjan, qui traite déjà plus de 40 millions de tonnes de marchandises par an, ainsi que le développement du Port de San Pedro, appelé à devenir un hub majeur pour l’exportation des ressources minières et agricoles. Parmi les projets les plus ambitieux figure la future ligne ferroviaire San Pedro–Mali, destinée à renforcer les échanges commerciaux avec les pays de l’hinterland ouest-africain. Le projet de Train à Grande Vitesse Abidjan-Yamoussoukro-Bouaké, l’extension du métro d’Abidjan ainsi que la modernisation des corridors routiers régionaux devraient également mobiliser plusieurs milliers de milliards de FCFA au cours des prochaines années.

Coopération Sud-Sud

Pour le CEPICI, ces projets illustrent la volonté de la Côte d’Ivoire de consolider sa position de hub économique régional et offrent aux investisseurs africains des opportunités concrètes dans des secteurs à forte croissance. La mission conduite par Yannick Mekwegne pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouvelles collaborations dans des secteurs clés du PND 2026-2030, contribuant à renforcer les flux d’investissements intra-africains et à accélérer la transformation économique du continent.

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