Dans une lettre officielle adressée aux ministres africains des Affaires étrangères, le président Xi Jinping a annoncé l’instauration d’un accès sans droit de douane sur 100 % des lignes tarifaires pour les 53 pays africains liés diplomatiquement à Pékin. Eswatini reste le seul exclu, car il reconnaît toujours Taïwan. Cette mesure marque une extension significative par rapport à la politique précédente, qui ne bénéficiait qu’aux 33 pays les moins avancés (PMA) du continent. Désormais, tous les pays africains partenaires bénéficieront de ce traitement préférentiel.
Une offensive économique face aux tensions mondiales
Ce développement s’inscrit dans la stratégie plus large de Pékin visant à renforcer ses relations économiques avec l’Afrique dans un contexte de rivalité commerciale exacerbée avec les États-Unis. Cette politique avait déjà été esquissée lors du sommet Chine-Afrique de septembre dernier, mais Pékin franchit ici une nouvelle étape. Les résultats sont déjà visibles : les exportations chinoises vers l’Afrique ont bondi de 12,4 % sur les cinq premiers mois de l’année 2025, atteignant un record historique de 963 milliards de yuans (environ 134 milliards de dollars), selon le ministère chinois des Affaires étrangères.
La décision de Pékin intervient dans un contexte d’incertitude croissante autour de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), le principal mécanisme permettant aux exportations africaines d’entrer libre de droits aux États-Unis. Plus de 30 pays africains risquent de perdre cet avantage.
Sous la présidence Trump, Washington a clairement affiché son intention de pratiquer une politique commerciale de réciprocité, menaçant les préférences commerciales dont bénéficiaient les pays africains. Certains produits en provenance d’Afrique du Sud, du Lesotho, de Maurice, de Madagascar et du Botswana font désormais face à des droits de douane allant jusqu’à 50 %.
Pendant que les États-Unis imposent des barrières, Pékin déroule le tapis rouge.
Le Nigeria, une voix qui compte. Première économie du continent, a rapidement réagi à cette annonce. Son ministre des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a plaidé pour une intégration plus active de son pays dans ce nouveau cadre commercial avec Pékin, soulignant la nécessité de promouvoir les exportations agricoles et minières nigérianes vers la Chine. …
Une nouvelle donne pour l’Afrique ?
Opportunités : Accès préférentiel à un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs, boost attendu pour les secteurs agricoles, miniers et industriels et diversification des partenaires commerciaux, face à l’incertitude américaine.
