Sur hautes instructions du Président Paul Biya, le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, a convoqué les acteurs de la chaîne portuaire afin de désengorger un port confronté à des pannes récurrentes et à des lenteurs au niveau des scanners de marchandises.
Les divergences administratives entre Douanes, PAD et prestataires techniques avaient entraîné un engorgement des terminaux, ralentissant la sortie des conteneurs et augmentant considérablement les coûts logistiques pour les importateurs. L’impact se fait sentir sur l’activité économique et industrielle, avec des retards de production, des pénalités de stationnement et, pour certains produits, une hausse des prix sur les marchés.
Dans ce contexte, il faut rappeler qu’un nouveau système de scanning à 100 % des cargaisons a été mis en place depuis le 2 janvier 2026. Ce système, confié à la société Transatlantic D S.A. dans le cadre d’une concession accordée par le PAD, remplace le contrat précédent géré par la Société Générale de Surveillance (SGS) et couvre désormais l’ensemble des marchandises à l’import comme à l’export.
Des solutions d’urgence actées
La concertation a permis de mettre en place des mesures immédiates pour désengorger le port tout en s’inscrivant dans ce nouveau cadre opérationnel du scanning : le Port de Douala a décidé d’organiser le fonctionnement des équipes de scanning en continu, 24 h/24, afin de résorber progressivement le stock de conteneurs en attente. Parallèlement, un plan de secours technique a été arrêté, comprenant l’acquisition et la mise en service de nouveaux équipements mobiles pour pallier les défaillances des installations existantes.
Dans le même sens, pour limiter les ruptures de chaînes d’approvisionnement, la Présidence de la République a acté l’instauration d’un couloir prioritaire pour les produits périssables et les médicaments, ce qui permet d’éviter des ruptures critiques dans la disponibilité de ces biens essentiels.
Ces mesures concrètes, combinées au déploiement effectif des opérations de scanning non intrusif depuis début janvier 2026, visent à améliorer la fluidité du passage des marchandises sur le terminal, en renforçant la traçabilité et la sécurité des flux logistiques.
Ce qui reste à arbitrer
Si ces mesures d’urgence apportent un soulagement immédiat, les décisions de fond pour résoudre durablement les divergences administratives et améliorer la coordination entre les institutions restent attendues. En effet, bien que le nouvel opérateur ait engagé les opérations de scanning et revendique des chiffres de conteneurs traités avec une capacité opérationnelle maîtrisée, certaines administrations continueraient d’utiliser des procédures antérieures, rendant l’application uniforme des nouvelles règles encore imparfaite.
Les opérateurs économiques suivront avec attention l’application effective de ces mesures et les arbitrages à venir, qui détermineront la stabilité et la compétitivité du port à long terme. En pleine année 2026, marquée par des enjeux de croissance majeurs, la cohérence administrative apparaît plus que jamais essentielle pour sécuriser l’investissement et soutenir l’activité économique du pays.
