Selon une évaluation du patronat camerounais, les entreprises auraient enregistré plus de 200 milliards FCFA de pertes, principalement liées à la baisse du chiffre d’affaires, aux interruptions d’activité, aux difficultés logistiques et à la contraction de la demande. Les secteurs du commerce, de l’industrie, des services et du transport figurent parmi les plus affectés, avec un impact direct sur l’emploi et les capacités d’investissement.
Une pause fiscale comme levier de résilience
Pour faire face à cette situation, le Gecam recommande un ensemble de mesures fiscales et parafiscales exceptionnelles pour l’exercice 2026. Parmi les pistes avancées : le report des échéances fiscales et sociales ; un moratoire temporaire sur certains contrôles fiscaux ; des allègements ciblés d’impôts et taxes pour les entreprises les plus exposées. L’objectif affiché est double : éviter une vague de faillites et préserver le tissu productif, notamment les PME, qui constituent l’essentiel du secteur privé camerounais.
Un plaidoyer adressé à l’État
À ce stade, il ne s’agit pas d’une mesure actée par les pouvoirs publics. La pause fiscale demeure une proposition du patronat, formulée dans le cadre des discussions préalables à l’élaboration de la loi de finances 2026. Le gouvernement devra arbitrer entre la nécessité de soutenir les entreprises et celle de maintenir les recettes budgétaires, dans un contexte de fortes contraintes financières et d’engagements macroéconomiques.
Un signal attendu par les investisseurs
Pour les acteurs économiques et les investisseurs, la réponse de l’État à cette demande sera déterminante. Une fiscalité plus accommodante pourrait renforcer la confiance du secteur privé, stimuler l’investissement et accélérer la relance. À l’inverse, l’absence de mesures d’accompagnement pourrait prolonger la fragilité actuelle des entreprises. À l’approche du budget 2026, la proposition du patronat place la fiscalité au cœur du débat sur la compétitivité et la résilience de l’économie camerounaise.
