Cette relation se distingue par un investissement soutenu dans les infrastructures, le commerce et les ressources stratégiques, loin des clichés habituels sur les relations internationales.
Commerce et flux financiers 2017
Depuis les années 2000, Pékin a renforcé sa présence économique en Afrique avec des investissements directs de plus de 80 milliards de dollars US, ciblant ports, routes, chemins de fer, zones industrielles et centrales énergétiques. Les échanges bilatéraux sont substantiels : exportations africaines vers la Chine : 94 milliards de dollars US en 2017 (pétrole, minerais, coton) ; exportations chinoises vers l’Afrique : 49 milliards de dollars US en 2017 (produits manufacturés, équipements, technologies)
En 2000, la Chine n’était pas le principal fournisseur pour la majorité des pays africains. En 2020, elle s’impose comme la première source d’importations pour plus de 30 États africains, représentant environ 20 % du total des importations en Afrique subsaharienne (56,4 milliards de dollars US). Cette évolution traduit une transformation profonde des chaînes d’approvisionnement africaines et le rôle croissant de la Chine dans la fourniture de biens industriels et manufacturés. Les importations africaines depuis la Chine en 2020 étaient de 56,4 milliards de dollars US. Les investissements directs cumulés de la Chine en Afrique se situent à plus de 80 milliards de dollars US.
Dette et financement : Pékin comme partenaire stratégique 2000
Depuis 2000, dans le cadre de sa coopération économique avec l’Afrique, la Chine a procédé à l’annulation de plusieurs prêts sans intérêt arrivés à échéance, ciblant notamment 17 pays africains. Parmi eux, figurent le Botswana, le Burundi, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Mozambique et le Rwanda, qui ont vu leurs dettes partiellement effacées pour alléger la pression financière sur leurs budgets. D’autres pays, comme la Zambie et le Zimbabwe, ont bénéficié d’allègements ou de restructurations de prêts plus anciens, souvent liés à des projets d’infrastructures stratégiques. Ces initiatives, bien que modestes par rapport aux volumes totaux de prêts chinois, illustrent une approche pragmatique de Pékin, visant à soutenir les économies africaines tout en renforçant ses partenariats stratégiques sur le continent.
En 2023, la Chine détient une part notable de la dette extérieure de plusieurs pays africains dont l’Éthiopie avec 45 % ; la Zambie avec 20 % et l’Angola avec 25 %. Les financements de la Chine, souvent via la Banque d’export-import de Chine, imposent moins de conditions structurelles que les prêts FMI ou de la Banque mondiale, offrant une certaine flexibilité mais nécessitant une gestion prudente pour éviter le surendettement. Les institutions multilatérales continuent de financer, mais leurs exigences en matière de gouvernance et de réformes peuvent limiter la rapidité de l’intervention. La part de la dette africaine détenue par la Chine se situe entre 15 et 45 % selon les pays.
La Chine sécurise ses besoins en matières premières essentielles en Afrique dont le Pétrole : 38 % des importations africaines de pétrole en 2023 ; les Minerais : cobalt, cuivre, lithium ; le Gaz naturel et le manganèse. Ces initiatives stimulent l’économie locale par la création d’emplois et le développement d’infrastructures, tout en consolidant la position stratégique de la Chine.
La dimension diplomatique accompagne la dynamique économique. L’Eswatini demeure le seul pays africain à reconnaître officiellement Taïwan, tandis que d’autres ont réorienté leur reconnaissance vers Pékin. Cette réorientation témoigne d’une influence concrète fondée sur des projets tangibles, sans recours à la coercition, illustrant la subtile stratégie diplomatique chinoise.
